Un été meurtrier dans l'ensemble des Alpes

Publié le par Eigerman

Le premier bilan d'un été meurtrier pour les alpinistes dans l'ensemble des Alpes montre que la haute montagne reste dangereuse alors que les causes des accidents sont diverses, allant de l'imprudence au manque de chance.

Depuis le début de l'été, 20 alpinistes sont morts dans les Alpes en France ainsi qu'une quinzaine de randonneurs, alors que 12 alpinistes et 6 randonneurs ont péri en Italie. Les statistiques suisses, qui mêlent alpinistes et randonneurs, annoncent un total de 28 victimes et l'Autriche enregistre la mort de 9 randonneurs et alpinistes.

Ce bilan provisoire de l'été est contrasté selon les sites avec, par exemple en France, moins d'accidents mortels dans le massif du Mont-Blanc mais davantage dans les Ecrins.

L'accident le plus meurtrier s'est produit en Suisse: six appelés de l'armée helvète, âgés de 20 à 22 ans, progressant en deux cordées, sont morts le 12 juillet, emportés par une avalanche dans le massif de la Jungfrau.

En France, cinq alpinistes encordés ont trouvé la mort le 28 juin dans le massifs des Ecrins, la glissade de l'un d'entre-eux ayant entraîné les autres.

Le deuxième accident le plus meurtrier en France est celui qui a frappé quatre alpinistes égarés dans l'arête de Bionnassay, dans le massif du Mont-Blanc, retrouvés morts de froid le 24 juillet.

"Le groupe avait pris note de la météo avant son départ mais pas par la suite, il aurait dû faire demi-tour car il n'était pas équipé pour faire face à des conditions hivernales", déplore le capitaine Régis Lavergne qui dirige le peloton de gendarmerie de Haute-Montagne (PGHM) de Chamonix (Haute-Savoie).

"Le temps change vite en montagne, la météo peut se tromper, dès que l'on monte, il faut pouvoir faire face à des périodes de grand froid", ajoute-t-il.

Le manque de vêtements chauds a aussi provoqué la mort de froid de 3 alpinistes polonais le 3 juillet vers 4.000 m d'altitude dans la partie italienne du massif du Mont-Blanc.

En revanche, les causes de certains accidents restent inconnues, comme la chute mortelle de 3 alpinistes allemands, pourtant bien équipés et bien entraînés, sur une variante de la voie royale d'accès au Mont-Blanc.

Et puis il y a la faute imputable à la malchance comme les ruptures de corniches qui ont tué un père et son fils dans le massif du Mont-Blanc fin juillet, ainsi que le président de l'Union internationale des associations de guides de montagne, le Français Claude Rey, en Suisse. Jeudi, c'est la chute de séracs qui a tué 3 alpinistes dans les Ecrins.

Selon un membre de la CRS-Alpes de Grenoble, les chutes de séracs, ces morceaux de glacier qui se détachent soudainement, "sont totalement imprévisibles et peuvent se produire à n'importe quel moment de la journée".

"Il faut essayer d'éviter de traverser les zones exposées, sinon il faut passer en courant et y demeurer le moins longtemps possible", rappelle le secouriste.

A Chamonix, "Mecque mondiale de l'alpinisme", l'ascencion du Mont-Blanc qui attire chaque années des centaines d'alpinistes présente toujours des risques. Dans cette seule région, le PGHM effectue chaque année un millier d'opérations de secours.

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Publié dans News

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